Swaré bèlè

Publié le par Murielle Michel

Salut!

Mathilde m'a suggéré de poursuivre la visite au grand marché de Fort-deFrance...juste pour vous faire une visite typiquement touristique!
Non...! j'ai mieux à vous offrir : un détour dans les profondeurs du terroir martiniquais!
Ainsi, j'ai envie de vous faire découvrir un aspect du paysage culturel de mon île qui me semble bien plus animé et bien plus  rythmé: Il s'agit du bèlè ... celui de mes ancêtres.
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Le bèlè est né en Martinique à l'époque de l'esclavage. Les esclaves, originaires d'Afrique noire, n'avaient ni le droit de parler leur langue, ni de jouer leur propre musique et encore moins de pratiquer leur religion durant la traîte négrière (de 1638 à 1848). De ce fait, les esclaves développèrent cette nouvelle expression musicale.

Avant de devenir une des danses traditionnelles de la Martinique, le bèlè ("Bel air" en français) était un chant dans lequel le chanteur, appelé "la vwa", racontait les faits divers de la vie ou ceux des rues cases nègres. S'ajoutaient ensuite les répondeurs ("la vwa dèyè"), puis les intruments tels que le ti-bwa, le tambou, le chacha et enfin les danseurs. Ces derniers formaient un carré avec quatre couples.

Ces pratiques n'ont pas changé comme vous pouvez le voir sur la vidéo.


Afin que les danseurs puissent évoluer dans la ronde bèlè, il leur faut suivre le rythme donné par le joueur des bâtonnets (bwatè). Celui-ci va jouer un rythme en deux temps ou en trois temps (selon la chanson menée par le chanteur à l'arrière du tambour). Quant au tambourineur (tambouyé), il va rentrer en relation avec le danseur en faisant des frappes aigues , médiums ou graves en fonction des pas que vont faire les danseurs. Le bon danseur est celui saura marier le geste et le jeu tout en suivant le son du tambour.

 Déroulement de la soirée
A l'époque, les esclaves se retiraient pour pouvoir danser, uniquement le soir, loin des yeux du maître.

Une soirée bèlè débute toujours par une lutte entre deux personnes à partir de 20h. Cette lutte est appelée "damié" ou "ladja". C'est un art martial qui rappelle la kapuera, accompagné également des instruments et du chanteur. Puis commence les danses jusqu'à 2h du matin ou plus. On retrouve le bèlè cho, bèlè dous, bèlè pitché, gran bèlè, belya, ...
La danse, la musique et bien sûr le rhum participent à la réusite d'une"swaré bèlè".
 Mais hier était la dernière soirée bèlè. Elles recommenceront à la fin du carême.

Pour ceux et celle qui veulent apprendre quelque pasde bèlè avec une pro, voilà deux vidéos:

La première est une démonstrtion des pas basics du Gran Bèlè.

 

 


La deuxième est une représentation du Gran Bèlè lors d'une soirée au François.

         

  

 

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Publié dans échanges culturels

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